Point actualisé 2025 sur l'ensemble des traitements disponibles pour l'arthrose, validés ou en cours d'évaluation.
L'arthrose est une maladie articulaire chronique et progressive, caractérisée par la dégradation du cartilage, des modifications de l'os sous-jacent et une inflammation variable de l'articulation. En 2020, 595 millions de personnes souffraient d'arthrose dans le monde, soit 15 % de la population mondiale. Cette prévalence devrait atteindre 1,1 milliard d'individus en 2050.
Cet article fait le point, en 2025, sur l'ensemble des traitements disponibles pour l'arthrose, qu'ils soient validés de longue date ou encore en cours d'évaluation. L'enjeu est de donner une vision claire et actualisée aux professionnels de santé comme aux patients.

Le surpoids constitue un facteur de risque important, en lien avec la surcharge articulaire. La faiblesse du muscle extenseur du genou est associée à l'incidence de l'arthrose symptomatique et radiographique du genou. En revanche, l'activité physique de loisir n'est pas génératrice d'arthrose du genou.
Les facteurs familiaux sont fortement associés au risque d'arthrose de la colonne vertébrale, de la main et de la hanche. Les gènes impliqués dans le développement du squelette pourraient être un facteur de risque majeur. Le dépistage par les données génétiques n'est pas encore recommandé mais reste prometteur pour l'avenir.
Le déclencheur du processus d'arthrose serait un facteur biomécanique (blessure ou microtraumatisme) qui pourrait interagir avec une susceptibilité génétique et les facteurs environnementaux. La douleur est multidimensionnelle et peut être en lien avec l'articulation elle-même mais également avec les structures extra-articulaires comme les muscles, les tendons et les os.

Il n'existe à ce jour aucun traitement anti-arthrosique spécifique. Les recommandations préconisent de fournir une information efficace et individualisée, combinée avec des traitements non pharmacologiques et pharmacologiques et, lorsque celles-ci sont insuffisantes, la chirurgie.
Une éducation centrée sur le patient est fondamentale. Toutes les recommandations préconisent la perte de poids comme objectif principal du traitement de l'arthrose du genou et de la hanche chez les patients en surpoids. Une méta-analyse montre qu'une perte de poids de 10 % ou plus est nécessaire pour avoir un effet important sur la douleur.
Les recommandations préconisent les exercices thérapeutiques pour l'arthrose du genou, de la hanche et de la main. L'activité physique pourrait réduire la douleur et améliorer la fonction et la qualité de vie. Trop souvent, les avantages de la marche dans le cadre des activités quotidiennes sont sous-estimés, alors qu'elle est peu coûteuse, faisable et accessible à tous.
L'efficacité de l'acupuncture, la thérapie manuelle et le massage n'est pas démontrée. Les chaussures adaptées ou les semelles n'ont pas fait la preuve de leur efficacité. Les attelles de genou sont recommandées pour le contrôle des symptômes malgré le peu de preuve.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont recommandés mais leurs effets indésirables gastro-intestinaux, rénaux et cardiovasculaires limitent leur utilisation. Ils sont recommandés à la dose efficace la plus faible pendant de courtes périodes. Les AINS topiques (gels et crèmes) sont le traitement de premier choix pour l'arthrose de la main et du genou.
Les injections intra-articulaires de corticostéroïdes sont efficaces sur la douleur à court terme. Le paracétamol n'est recommandé que lorsque les AINS sont contre-indiqués. Une revue Cochrane ne retrouve aucun bénéfice important du tramadol sur la douleur par rapport au placebo : sa recommandation doit être reconsidérée.
Le blocage du NGF (nerve growth factor) par les anticorps monoclonaux a montré une efficacité sur la douleur, mais dans certains cas elle s'accompagne d'une arthrose progressive rapide. De nombreux médicaments visant à prévenir la perte ou la régénération du cartilage restent à valider.
À ce jour, il n'y a pas de preuve d'efficacité de l'administration intra-articulaire du plasma riche en plaquettes (PRP), du dextrose hypertonique (prolothérapie), de l'acide hyaluronique ni des cellules mésenchymateuses.
Bien que la prothèse des membres inférieurs et de l'épaule soit efficace sur la douleur et la fonction, jusqu'à 25 % des patients ayant bénéficié d'une prothèse de genou sont dans une certaine mesure insatisfaits du résultat. Le bloc nerveux du nerf géniculaire, ou son ablation par radiofréquence, montre un soulagement à court terme mais reste à valider.

Un programme de prévention de la prise de poids a montré une diminution efficace du poids et de l'évolution des douleurs de genou. Le risque de gonarthrose augmente de 4 à 6 fois après une blessure. Le maintien de l'activité physique est important pour maintenir une articulation saine. La marche devrait être encouragée puisqu'il s'agit d'une activité physique peu coûteuse, accessible et acceptable pour prévenir l'arthrose.
Pour les amateurs de course à pied, aucune preuve ne suggère que cette activité puisse entraîner de l'arthrose.
L'arthrose demeure, en 2025, un défi majeur tant pour les patients que pour les soignants. Malgré les nombreuses avancées, aucun traitement curatif n'a encore vu le jour. La prise en charge reste centrée sur la gestion des symptômes, l'accompagnement personnalisé et l'optimisation du mode de vie, avec un rôle clé pour l'éducation thérapeutique, l'exercice physique et la prévention du surpoids.
Enfin, au-delà des traitements, il est indispensable de renforcer la prévention, notamment en luttant contre le surpoids, en favorisant l'activité physique régulière et en prévenant les blessures articulaires. Face à l'impact croissant de l'arthrose sur les populations vieillissantes, la mise en œuvre de stratégies de santé publique efficaces sera essentielle.



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